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Vous lui posez une question en anglais. Il vous répond immédiatement… en français. Il semble suivre ce que vous dites, reconnaître des expressions et comprendre certaines demandes. Pourtant, il utilise peu l’anglais lui-même.

Vous vous demandez alors si vos efforts servent à quelque chose. Faut-il insister ? Lui demander de répéter ? Continuer comme avant ?

Comprendre l’anglais et le parler sont deux compétences différentes. Une réponse en français ne signifie pas, à elle seule, que votre enfant n’apprend pas. Elle invite surtout à regarder ce qu’il comprend, ce qu’il sait exprimer et les occasions qu’il a d’utiliser l’anglais.

Comprendre ne signifie pas encore pouvoir répondre

Pour répondre à une question, votre enfant doit retrouver les mots, construire sa phrase et la prononcer. Il peut reconnaître une expression lorsqu’il l’entend sans pouvoir la produire spontanément.

Une étude publiée en 2022 sur le développement bilingue décrit justement un décalage possible entre les compétences de compréhension et d’expression. Giguere et ses collègues, 2022.

Il faut aussi distinguer comprendre les mots et comprendre la situation. Si vous montrez ses chaussures au moment de sortir, votre enfant dispose de plusieurs indices pour savoir ce que vous attendez.

Cela ne retire rien à l’intérêt de l’échange. Cela aide simplement à observer ses progrès sans conclure trop vite qu’il comprend déjà tout.

Pourquoi choisit-il le français ?

Plusieurs explications sont possibles.

Le français peut être la langue dans laquelle il trouve ses mots le plus facilement. Il peut aussi avoir l’habitude de l’utiliser avec vous, même lorsqu’il entend de l’anglais ailleurs.

La fatigue, le sujet de la conversation ou l’envie de raconter quelque chose rapidement peuvent également jouer. Et puisque vous comprenez le français, cette langue lui permet déjà de se faire comprendre.

Sa réponse n’est donc pas forcément un refus de l’anglais, ni un signe de mauvaise volonté.

Accueillir sa réponse et poursuivre l’échange

Lorsqu’il répond en français, vous pouvez d’abord reconnaître ce qu’il vient de dire.

Par exemple, si vous lui demandez s’il veut sa peluche et qu’il répond « Oui, mon ours », vous pouvez reprendre naturellement : « Your teddy bear! Here you are. »

Vous lui proposez ainsi une formulation anglaise reliée à son intention, sans exiger qu’il la répète avant de recevoir sa peluche.

Cette façon de faire est une piste d’accompagnement : elle permet de conserver un échange agréable tout en lui donnant un modèle.

Vous pouvez aussi revenir au français lorsque la conversation devient plus complexe. L’essentiel est de rester attentif à ce qu’il cherche à vous communiquer.

Proposer des occasions de parler à sa portée

Respecter son rythme n’empêche pas de lui proposer de petites prises de parole.

Une question avec deux choix peut être plus accessible qu’une question très ouverte. « The bear or the rabbit? » lui fournit déjà les mots possibles. Il peut répondre par un geste, un mot ou une courte phrase, selon ce qu’il est prêt à faire.

Laissez-lui un peu de temps. Évitez d’enchaîner immédiatement les questions ou de demander une traduction après chaque réponse.

L’usage de la langue mérite une place dans l’accompagnement : une étude suivant 47 jeunes enfants bilingues espagnol-anglais a observé une relation entre leur utilisation de l’anglais et la progression de leur vocabulaire expressif. Elle ne démontre pas que faire répéter un enfant sous pression l’aide à progresser. Ribot, Hoff et Burridge, 2018.

L’idée est donc de multiplier les occasions accessibles, en restant sensible à ses réactions.

Observer autre chose que les phrases prononcées

Pour repérer une évolution, vous pouvez noter quelques observations au fil des semaines :

• Il reconnaît une expression dans une situation nouvelle.

• Il comprend une demande familière sans que vous montriez l’objet.

• Il utilise spontanément un mot anglais.

• Il participe plus volontiers à un échange.

Ces observations donnent des indications, pas un score ni un diagnostic.

Évitez également de comparer son parcours à celui d’un enfant qui entend l’anglais plusieurs heures par jour. Les expériences linguistiques peuvent être très différentes d’une famille à l’autre.

Faut-il simplement attendre ?

Il n’existe pas de délai universel au bout duquel un enfant devrait répondre en anglais. La compréhension ne se transforme pas automatiquement en expression avec le seul passage du temps.

Si votre objectif est qu’il utilise davantage l’anglais, regardez surtout les occasions qu’il a de l’entendre et de le parler : sont-elles régulières, compréhensibles et adaptées à ses intérêts ?

Si vos inquiétudes concernent aussi sa compréhension ou son expression en français, ou si vous observez une perte de compétences, parlez-en à un professionnel de santé. Le seul choix de répondre en français ne permet pas de conclure à un trouble.

Trouver des repères avec Kinteraction

Il peut être difficile de savoir comment réagir quand on commence à parler anglais avec son enfant. On hésite entre encourager, reformuler et laisser passer.

Kinteraction accompagne les parents dans ces questions du quotidien. Gaëlle vous aide à choisir des échanges adaptés à votre famille et à ajuster vos attentes. Les supports vous permettent de préparer votre anglais pour vous sentir plus disponible pendant le moment partagé.

Votre enfant répond en français et vous ne savez pas comment poursuivre ? Découvrez l’accompagnement Kinteraction pour avancer avec des repères adaptés à votre situation.